2003 – Le Tour du monde en porte-conteneurs

Editions Gallimard

Récit, peinture et photographie

En arrivant sur le Manet, tout me semblait merveilleux. Les trajets au sein du porte-conteneurs me rendaient joyeuse : les couloirs, les ponts, l’ascenseur avec sa fiche de signalisation représentant un bonhomme qui court perpendiculairement vers une trappe située au plafond, les coursives extérieures, les escaliers qui montent de pont en pont. Et les conteneurs eux-mêmes, leurs couleurs, leurs signes, rouille, grincement, mystère. En Chine, sur les toits des maisons, on voyait des boîtes qui contenaient d’autres boîtes. Comme ces conteneurs. Je frissonnais de plaisir à l’idée de matières dangereuses à la proue, sagement mises à distance et bien surveillées. Des odeurs, et le mystère de mon odeur préférée (deluxe class du Transsibérien), qui serait celle de peaux de bêtes non-traitées dans des sacs en plastique, destinées aux usines qui travaillent le cuir. La rotation, aussi, des conteneurs, ceux qui restent, ceux qui partent. Le conteneur rouge que j’ai peint à l’extérieur du hublot, et qui un beau jour a disparu por laisser sa place à un vide par où on pouvait apercevoir la mer, et puis qui a été remplacé par un autre rouge, quasiment sembable au premier en plus doux.

Deux moments dans ce tour du monde : le premier dans le merveilleux, jusqu’au départ de l’Australie, et le « retour » : la peur des pirates, la colère, l’impression d’être enfermée.

Partir à la rencontre du monde et le voir de loin, tourner autour, autour.

Thalassa

https://www.ville-dunkerque.fr/fileadmin/user_upload/Les_Mags_de_la_ville/DK_Mag/174-Avril2007/DKM174_sorties.pdf

http://www.cipmarseille.com/auteur_fiche.php?id=362